La France en Afghanistan
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14 juillet 2009 à Kaboul

Discours de M. Jean de Ponton d’Amécourt à l’occasion de la réception donnée à la Résidence de France

Messieurs les Ministres,

Messieurs les Ambassadeurs,

Honorables membres du Parlement Afghan,

Excellences,

Messieurs les Officiers, Sous-Officiers, hommes du rang,

Françaises, Français,

Chers Amis,

Soyez les bienvenus à la Résidence de France, en ce jour de fête nationale ! Je suis heureux de saluer M. Farouk Wardak, Ministre de l’Education du gouvernement afghan et ses collègues présents ici, aujourd’hui, avec nous.

Monsieur le Ministre, merci d’avoir accepté de co-présider cette cérémonie. Vous ne m’en voudrez pas, j’en suis sûr, si je m’adresse d’abord à mes compatriotes ici présents, qui, tous, ont fait le choix de servir la relation franco-afghane.

Mes chers compatriotes,

Je suis fier d’être avec vous aujourd’hui. Hommes ou femmes, civils ou militaires, à Kaboul ou en province, vous contribuez tous au resserrement des liens entre nos deux pays, liens d’amitié séculaire, fondés sur un respect mutuel et, ô combien, d’affinités.

Ces liens ne se sont jamais démentis dans le passé. Ils se sont encore resserrés lors de la conférence de Paris, le 12 juin 2008. Souvenez-vous ! Recevant le Président Karzaï, le Chef de l’Etat, Monsieur Nicolas Sarkozy, s’est engagé à augmenter l’aide civile française à l’Afghanistan. Cette promesse a été tenue : celle-ci sera multipliée par quatre en 2009 ! Aujourd’hui, notre coopération n’exclut aucun des secteurs essentiels à la reconstruction de ce pays : agriculture, santé, éducation, gouvernance, enfin culture et valorisation d’un patrimoine unique.

A titre d’exemple, avec le Ministère de l’Education que vous dirigez, M. Wardak, je me félicite de ce que nous ayons développé des coopérations exemplaires, dont la liste serait trop longue à énumérer. Je n’en retiendrai que trois, en raison de leur caractère emblématique et de leur ambition :
- la formation de professeurs à Kaboul, Parwan, Bamyan et bientôt en Kapisa et Surobi ;
- la modernisation de l’enseignement des sciences dans le cadre du Centre national des Sciences ;
- enfin les importants travaux de modernisation du Centre culturel français et des lycées Esteqlal et Malalaï, qui ont formé, et qui continueront de former, tant d’élites afghanes. Monsieur le Ministre,

Je voudrais maintenant m’adresser à vous, et, à travers vous, à tous vos compatriotes.

Ce soir, nous sommes tous conscients ici, d’être à la veille d’un événement dont le bon déroulement conditionne l’avenir de votre pays : le choix, par le peuple afghan, de son Président et de ses conseils de Province. Et ce n’est pas un hasard si un autre Français, le Général Morillon, Chef de la mission des observateurs européens, a tenu à être parmi nous. Il vous dira, tout à l’heure, combien sont fortes les attentes en matière de sécurité et de libre expression de la volonté populaire, combien, par conséquent, il compte sur le gouvernement afghan pour les satisfaire.

Vous savez que vous pouvez compter sur la communauté internationale et sur ses forces armées qui, je tiens à le rappeler, n’ont jamais eu d’autre ambition que d’aider l’armées et la police nationales afghanes à assurer, seules, la sécurité de votre pays, sécurité sans laquelle il ne saurait y avoir de progrès et de développement durables.

Monsieur le Ministre, « les exigences d’un grand peuple sont à l’échelle de ses malheurs ».

Comment ne pas penser au grand peuple afghan à travers cette citation du Général de Gaulle ? Comment ne pas se remémorer ces trente années de guerre, tant de familles meurtries, tant de villages détruits ? Oui, Monsieur le Ministre, les exigences de vos compatriotes sont aussi grandes que légitimes. Et vous portez en vous une parcelle de la responsabilité qui incombe à tout gouvernant : celle de satisfaire autant que possible les attentes de leur peuple.

Alors, ce soir, Monsieur le Ministre, je vous souhaite de tout cœur, comme je souhaite au gouvernement auquel vous appartenez, plein succès dans cette noble entreprise, qui doit permettre au peuple afghan de choisir librement ses dirigeants, et à ces derniers de présider en toute indépendance aux destinées d’une nation pleinement engagée sur la voie de la modernité. Une nation confiante en elle-même, et soucieuse de construire, pour ses enfants, un avenir plus serein.

Vive l’Afghanistan ! Vive la France ! Vive l’amitié franco-afghane !